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ASSOCIATION
POUR LA PROMOTION DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR LIBRE -A.P.P.E.S.L.
Association
déclarée (Loi du 1er juillet 1901)
115-117, rue Notre-Dame des Champs – 75006 Paris Tél.
01 43 25 52 46
www.faculteslibres.org - appesl@yahoo.fr
Mai
2009
LETTRE
AUX ADHERENTS
Chers
Amis,
Nos
facultés libres poursuivent leur route et échappent aux
turbulences agitant les universités publiques. Celles-ci
ont pourtant eu depuis deux ans 5 milliards d'euros sur
cinq ans, 750 millions d'euros pour les sciences humaines,
plus la même somme dans le cadre du plan de relance. Quand
on compare nos conditions de travail, nos budgets et nos
résultats pédagogiques, on se dit que quelque chose ne tourne
pas rond dans le « système universitaire » français.
A ce constat, il faut ajouter qu'en raison du mécontentement
actuel, toute évolution de nos dossiers a été suspendue
par le Ministère. Bien que nous représentions un très faible
pourcentage des effectifs étudiants français (environ 3%
pour l'ensemble des facultés catholiques, écoles de commerce
et d'ingénieur et facultés libres), notre existence est
en soi gênante...
La France est malade de son université et nos quelques initiatives,
qui réussissent, restent un sujet tabou. Ainsi les sommes
allouées représentent un effort financier de 500 euros par
an et par étudiant pour l'université française alors que
l'augmentation de nos subventions représente entre 2008
et 2009 40 euros... Malgré cela, nous avançons. C'est ainsi
qu'au sein de l'UNFL, l'APPESL a participé à la création
d'une « Association Européenne des Facultés Libres ». Cette
Association représente un peu plus de 6500 étudiants. Nous
avons déjà un réseau en Espagne, Italie, Autriche, Angleterre
et République Tchèque.
Des contacts et projets sont pris pour d'autres pays. Le
lien fédérateur est d'une part la liberté pédagogique, et
d'autre part la fidélité à l'héritage reçu, comme l'a rappelé
Benoît XVI dans son discours aux Bernardins. Les nouvelles,
pour nous, sont donc bonnes. Nous vous remercions de votre
aide et de votre fidèle soutien, et vous prions de croire,
Chers amis adhérents, à notre bien cordiale considération.
Michel
Boyancé, Président
______________
Chers
amis adhérents,
Benoît
XVI dans son discours magistral aux Bernardins, auquel j'ai
eu l'honneur d'assister au titre des facultés libres, a
développé, dans la continuité de ses discours à Ratisbonne
et à l'université La Sapienza de Rome, une argumentation
concernant les racines chrétiennes de l’Europe. Le pape
a rappelé que celles-ci sont fondées historiquement par
le développement du monachisme des premiers siècles. Ces
origines englobent, non seulement les sciences dites religieuses
(théologiques), mais aussi les sciences profanes dans tout
leur déploiement. Autrement dit, l'Europe ne peut être ce
qu'elle est, et ce qu'elle sera, sans prendre conscience
de la nouveauté radicale apportée par les moines dans leur
travail qui a permis la création des universités. Au delà
du "chercher Dieu", "quaerere deum", les moines ont su marquer
la nécessité pour toute culture, croyante ou non croyante,
ce qui apparaît paradoxal, de poser la question du sens
: "s’appliquer à trouver ce qui a de la valeur et demeure
toujours, (...) derrière le provisoire, ils cherchaient
le définitif ".
Un
tel désir reste essentiel aujourd'hui car, dans le développement
des techniques, la recherche sincère du vrai et du bien
permet de poser les limites de la raison scientifique et
la question de la raison d'être des choses : "Une culture
purement positiviste, qui renverrait dans le domaine subjectif,
comme non scientifique, la question concernant Dieu, serait
la capitulation de la raison, le renoncement à ses possibilités
les plus élevées et donc un échec de l’humanisme". L'homme
ne peut se comprendre que relativement à ce qui n'est pas
lui, sinon, au sens strict du terme, il se défie, devient
le créateur de lui-même et perd le sens de ce qu'il est.
. Nos facultés libres peuvent entrer dans cette perspective
car le pape s'adresse à tout homme de bonne volonté et pas
seulement aux universités ecclésiastiques. Il s'agit pour
lui de manifester que l'Europe a un rôle à jouer car elle
porte en elle une capacité, dès l'origine, à interroger
les cultures à la lumière de cette recherche fondamentale
de ce qui "vaut" la peine d'être vécu. Faire du droit, de
l'économie, de la philosophie ou de la psychologie pour
simplement développer des compétences techniques ne suffit
pas pour combler l'intelligence et le cœur. Il y a en toute
personne une dimension intime à aller à l'essentiel à laquelle
toute œuvre éducative se doit d'être sensible et fidèle.
NB: nous remercions particulièrement les adhérents qui contribuent
par leurs dons à financer des bourses pour des étudiants
désireux de se former et ayant des difficultés financières
(pour mémoire, le coût des scolarités reste élevé - entre
3500 et 4500 euros - auquel il faut ajouter la vie à Paris
pour les étudiants provinciaux). C’est grâce à votre soutien
que nous pouvons donner à nos étudiants toutes les conditions
pour qu’ils réussissent leur vie et permettez moi , chers
amis, de vous dire toute ma gratitude .
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